Equation de Kaya

L'équation de Kaya relie les émissions anthropiques de dioxyde de carbone (CO2) à des paramètres d'ordre démographique, économique et énergétique. Elle a été élaborée par l’économiste japonais Yoichi Kaya en 1993. Selon Kaya, le niveau total d'émission peut s'exprimer comme le produit de quatre facteurs : la population, le PIB par habitant, l'intensité énergétique et le contenu en CO2 de l'énergie consommée. Cette équation est utilisée pour analyser ou simuler l'évolution des émissions mondiales de CO2 dans le cadre des politiques de lutte contre le réchauffement climatique.

L'équation de Kaya permet de comprendre que le progrès technologique, qui peut réduire l'intensité énergétique et le contenu en CO2 de l'énergie consommée, n'est pas suffisant pour diminuer suffisamment les émissions de CO2 mondiales.
Il nous faudra (en le choisissant ou en le subissant) diminuer le PIB par habitant.

L’équation de Kaya est utilisée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour analyser l’évolution des émissions de CO2.

Ainsi, dans son rapport de 2014, le GIEC montre que la forte hausse de la croissance annuelle des émissions de CO2 sur la période 2000-2010 (+2,7%/an) par rapport aux décennies précédentes résulte d’une forte progression du PIB mondial par habitant, de la poursuite de la croissance de la population et d’un ralentissement de l’amélioration de l’intensité énergétique du PIB. D’autre part, du fait de l’utilisation accrue du charbon, la tendance à la baisse du contenu en CO2 de l’énergie qui avait été observée sur les décennies précédentes s’est inversée.

L’équation de Kaya est également utilisée par l’Agence internationale de l’énergie pour analyser l’évolution des émissions de CO2 des énergies fossiles.

En France, l’équation de Kaya a été popularisée par Jean-Marc Jancovici qui l’a utilisée pour montrer les contraintes qui pèsent sur la réduction des émissions de CO2. Ainsi, si la croissance de la population et du niveau de vie se poursuit au rythme de 2010, le PIB mondial sera multiplié par trois d’ici à 2050 :

  • POP : x 1,33 en 40 ans
  • PIB/POP : +2 % par an, soit x 2,2 en 40 ans

Pour diviser par trois les émissions de CO2 à cet horizon, il faudrait donc diviser par neuf l’ensemble des deux autres termes de l’équation, intensité énergétique du PIB et contenu en CO2 de l’énergie. Or, au vu de leur évolution actuelle, une division par neuf n’est pas réaliste. Il en conclut que la division par trois des émissions de CO2 « a toutes les chances (si l’on peut dire) de provenir d’une baisse des termes POP et/ou PIB/POP, et cela sera d’autant plus vrai que nous aurons tardé à prendre le taureau par les cornes pour « décarboner l’économie ».

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